Il y a une dizaine d'années, on ne voyais encore que peu de jeux "18+" (interdits aux mineurs). Mais avec le vieillissement du joueur moyen. Les éditeurs hésitent de moins en moins a financer des jeux ou l'on traite de thèmes plus matures que par exemple sauver le monde des aliens.
Peter Molyneux, Shigeru Miyamoto, Michel Ancel, Eric Viennot, Antoine Villette, Fréderick Raynal.
D'illustres inconnus pour beaucoup mais pas pour la république, qui a élevé tous ces créateurs de jeux vidéo au rang de Chevaliers des Arts et des Lettres pour avoir insufflé à leurs œuvres une bourrasque créative.
Si aucun "game designer" de chez Rockstar ne fait partie de cette liste, c'est surement a cause de la "haute teneur en subversion" dans leurs jeux. Pourtant, depuis la sortie de GTA IV tout le monde s'accorde à dire qu'une nouvelle étape à été franchie. Avec la sortie de GTA : Episodes from liberty city, Rockstar confirme son intention de faire de GTA l'ambassadeur d'un nouveau genre de jeux.
"The Lost and damned" vous place dans la peau de Johnny Klebitz. Un juif, vice président d'un gang de bikers de New-York... Oui, dès le début ce n'est pas facile...
Le gang, "The Lost, Motorcycle Club", est dirigé par Billy, accroc à l'héroïne, qui vient de sortir de prison.
Trahison, meurtre, drogue... tout un programme, on sait s'amuser chez les bikers new-yorkais.
Ce qui frappe, c'est le travail réalisé sur l'ambiance générale. Exit les costards et les grosse voitures de luxe. TLAD c'est plutôt du sang de la sueur et... du vomi. Mais aussi de la crasse, du whiskey et des junkies... etc.
Bref autant vous dire que le tableau n'est pas joli joli.
Le petit nid d'amour de Johnny, un cagibi dans le squat du gang.
Johnny est en conflit perpétuel avec Billy, le leader, qui a une sacrée tendance à prendre ses amis pour des cons. Après la mort d'un membre du gang, Billy décide par exemple d'une vengeance sur les "Angels Of Death", un gang rival qui n'a rien à voir avec le meurtre.
Une fois le massacre règlementaire effectué, ce bon Billy trouve "par coïncidence" quelques kilos d'héroïne chez les Angels, et s'en empare aussi sec.
Billy : "Si je dois passer un examen d'urine, j'ai de la pisse de fillette de 12 ans à portée de main!"
Que du glauque. Le jeu choquerais même un biker hardcore avec par exemple une mission ou vous devez sauvez Ashley, une junkie, ex-petite amie de johnny... et du gang en général. Après avoir dessoudé les lascars qui la retenais, elle vous implore en pleine descente d'héroïne de la punir en la frappant!
La belle Ashley...
Les cut-scenes (cinématiques avant et après les missions) sont mises en scène avec brio, on est dans du cinoche pur. Les personnages sont vraiment travaillés : voix, design, animations, tout colle.
Comme on pouvait s'y attendre, Niko Bellic et son cousin Roman, personnages principaux de GTA IV apparaissent lors de certaines missions, en apportant au joueur plus de précisions leur histoire.
Le gameplay ne change pas beaucoup, les motos sont plus facile à conduire et quand vous restez en formation avec votre gang, vôtre santé se régénère, mais rien de révolutionnaire par rapport a GTA IV.
TLAD est donc dans la lignée de GTA IV : un jeu sérieux avec une ambiance aux petit oignons (pas frais les oignons...). Si vous n'êtes pas allergique au gameplay de GTA, ce titre est un "must have".
Changement radical d'ambiance. Chez Rockstar, il y en a pour tout le monde.
The Ballad Of Gay Tony, le deuxième épisode présent sur le disque, vous propose un voyage multicolore dans le monde des clubbers.
Anthony Prince, dit "Gay Tony" est le patron de deux night-clubs, un club homo et club hétéro.
Dépressif, égocentrique, accroc lui aussi a la drogue, il à le chic pour se fourrer dans les pires embrouilles de la ville.
Rockstar n'a pas poussé la subversion jusqu'à vous faire camper un personnage gay (dommage, quelle claque ça aurait pu être). Vous incarnez donc le bras droit de Gay Tony : Luis Lopez, un Américano-dominicain, .
Finit la crasse et les voix rauques des bikers, TBOGT c'est du strass, des arcs-en-ciel, des bimbos et du champagne qui coule à flots.
Le jeu s'adresse a tous les déçus de GTA IV. En effet avec ce nouvel opus, Rockstar c'était mis a dos une bonne partie des joueurs, qui reprochaient au jeu son sérieux et l'absence totale de gros délires à la San Andreas.
TBOGT renoue avec le BASE jumping, les missions totalement barrés type "j'explose 10 hélicoptères de la police avec un fusil à balles explosives, debout sur un wagon de métro en pleine course, avant de voler ce dernier avec un hélicoptère-grue".
Les activités proposés se sont aussi adaptées a nouveau scénario, désormais entre deux missions vous pourrez :
Draguer sur le dance-floor, et si vous gérez, c'est le finish au WC
Participer à des jeux à boire, pour finir rond comme une quille et vous réveiller au milieu de central park
Faire du BASE jump entre amis
Les personnages de cet épisode sont plus sympathiques que les vilains bikers du Lost M.C. Gay Tony est une caricature plutôt réussie, et les dialogues avec Yusuf (un fils d'émir, complètement taré et mégalo) sont à se plier en deux.
Yusuf aime autant les bornes d'arcade que les missions suicide
On retrouve au cœur de ces deux épisodes une affaire de diamants qui donne lieu a plusieurs missions crossover entre Niko, Johnny et Luis. Mais si les personnages et les ambiances sont très réussies, on a toujours du mal à accrocher au scénario. Les enjeux sont très binaires "soit tu réussit, soit t'es dans la merde" et la courte durée d'un épisode aura semble-t-il contraint les scénaristes à rester toujours à la surface des choses, surtout pour The ballad of Gay Tony".
Le produit est globalement de très bonne qualité avec quelques nouveaux morceaux pour la BO, et pour les anglophones, de nouveaux talk shows toujours bien marrants sur la radio. Le tout pour 40 euros, c'est une affaire!
A bientôt!